Ecran d’ombre anaglyptique

” Donnons l’idée d’ombre grâce à la lumière. Doublons la lumière et créons un espace intermédiaire. Cet espace, temporaire, est intimement perçu par l’observateur curieux. Ce dernier, se plongeant dans l’écran d’ombre anaglyptique, se sentira happé par une dimension qui lui échappe, celle où les ombres seront lumières, et les projections, perspectives. “

Cette installation mixe les deux principes que sont l’ombre et l’anaglyphe.

L’ombre est créée par la projection de la silhouette d’un objet éclairé sur un plan (écran, mur).

L’anaglyphe est la présence, sur une même image, de deux images qui sont vues par une paire d’yeux. Ces deux images ont une coloration différente (par exemple : bleu et rouge). Ces colorations sont produites par l’utilisation de deux sources lumineuses de couleur différente. Selon la distance des objets à l’écran de projection – où se trouve l’ombre anaglyptique – la distance entre les ombres colorés des objets varie. Ainsi, plus la distance entre l’objet et l’écran est grande, plus grande est la distance entre les deux ombres colorés, et inversement…

L’écran d’ombre anaglyptique met en valeur un paradoxe, créé par les trois phénomènes suivants :

  1. Ombre: les projections d’ombres font que si un objet est proche de l’écran, alors cet objet est plus petit sur l’écran que celui qui serait plus éloigné de l’écran. L’ombre de ce dernier serait plus grande car plus proche de la source lumineuse.
  2. Anaglyphe: la distance entre les deux silhouettes colorées est en fonction de la distance, c’est-à-dire:
    • ces deux silhouette colorées sont proches si l’objet est proche de l’écran;
    • elles sont éloignées l’une de l’autre si l’objet est loin de l’écran.
  3. Notre perception du monde: elle est conditionnée par l’idée de perspective. Ainsi, plus gros est un objet, plus il nous semble proche.

Ainsi, l’effet de distance suggérée par l’ombre est amplifiée par l’anaglyphe. Cette effet de distance nous donne une fausse perception de la réalité. Les objets proches de l’écran nous semblent loin (car plus petit), mais la construction anaglyptique nous suggère qu’ils sont proches, mais pourtant, ils devraient être loin…mais ils sont proches… mais ils devraient être loin…

Finalement, le spectateur rentre dans une perception quasi-absurde – qui, et heureusement ! est limitée à l’écran d’ombre anaglyptique, où la physique connue n’est plus.

Cette installation était visible à la “Faites des Lumières“, au quartier des Beaux-Arts à Montpellier, le Samedi 31 janvier 2015.

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